Pour ma première réalisation en bois de palettes, je vous propose de découvrir la fabrication d’une table basse.

En ces temps de superficialité galopante, il était temps de dire stop aux paillettes, et bonjour aux palettes !

Table-basse-palette-2


Cahier des charges

Il est assez succinct : la table basse doit respecter certaines dimensions (max. 90 x 55 x 38 cms), être en bois de palettes, avoir un style « brut » donc du bois patiné par l’usure du temps et une finition discrète. Pas de contraintes concernant le design.

Devant la grande disparité des palettes existantes, je me suis dit que ce dernier découlerait de celles que je récupérerai.


Les palettes

Coup de chance, en un seul après midi j’ai pu mettre la main sur trois palettes d’aspect bien différent. Des planches larges, des plus fines mais une épaisseur assez proche. En voici deux après un petit nettoyage au jet d’eau.

Palettes de récupération

Elles étaient en plutôt bon état, bien patinées, pas trop tordues ni trop abîmées. Et avec des particularités intéressantes pour la plus grande des trois : des traverses épaisses en bois massif.

Avant de dessiner les plans, je devais d’abord passer par la phase souvent hasardeuse du démontage de palettes et faire en sorte qu’il n’y ait pas trop de casse.


Démontage des palettes

Afin de garder un maximum de planches intactes, rien de tel que l’utilisation d’un ouvre-caisses. Cet outil est vraiment efficace.

ouvre caisses

Au final, les clous étaient relativement facile à extraire et je n’ai pas eu trop de casse à déplorer. Ça fait quand même pas mal de clous.

clous

Après tri et sélection des planches intéressantes, je commence à les appairer. Voici de quoi constituer un premier plateau …

Bois pour plateau haut

… et éventuellement un second.

Bois pour plateau bas

Pour compléter le tableau, voici les traverses qui fourniront les pieds de la table basse.

Traverses-palette

La matière première à disposition, il était temps de penser au design.


Design de la table basse

Compte tenu des dimensions de la table basse, j’opte pour un design à deux plateaux. C’est l’ébauche, très sommaire et très moche, en CAO qui m’a fait préférer cette solution au simple plateau.

Design-rapide

Avec un seul plateau, il manque quelque chose, non ?

C’est le moment idéal pour finaliser l’appairage des planches et trouver la disposition qui minimisera les différences de teintes et les trop gros défauts d’assemblage. Je les marque afin de ne plus les mélanger par la suite.

Les pieds étant très massifs, compte tenu des dimensions modestes de la table basse, le plateau supérieur se doit d’être épais.

Afin de conserver l’aspect usé et gris du bois de palette, les coupes ne devront pas être visibles, surtout pour le plateau supérieur qui sera constitué de planches assez foncées. Et qui sera l’élément le plus visible du meuble.

Je fais d’une pierre deux coups en cintrant ce plateau avec des alèses plus larges que l’épaisseur de ce dernier. Les coupes ne seront pas visibles et j’obtiendrai visuellement un plateau plus épais que ce qu’il est en réalité. Seule concession au style brut visé : les alèses seront coupés à 45°,  toujours pour éviter les coupes apparentes. J’ai un peu peur que ça nuise à l’équilibre visuel de l’ensemble, mais ce sera un moindre mal.

 

Pour le plateau inférieur, j’opte pour un style plus épuré, sans alèses et avec des planches plus claires. Ainsi, les coupes ne devraient pas trop se voir.

Arrivé à ce stade, je me dis que faire du neuf ressemblant à du vieux apporte des contraintes insoupçonnées.

Je ne finalise pas la CAO par manque de temps : je m’attends à rencontrer quelques imprévus lors de la réalisation 😉

Passons à présent à la préparation du bois.


Préparation du bois

Idéalement, j’aurais souhaité dégauchir les planches afin de faciliter les assemblages. Bon … je n’ai pas de dégauchisseuse.

En second choix, j’aurais aimé raboter les planches afin d’égaliser leur épaisseur. Bon … je n’ai pas de raboteuse non plus.

J’avais le choix entre le 50/50 et l’appel à un ami : merci à Matthieu pour m’avoir laissé utiliser sa raboteuse 🙂

Toutes les planches sont à présent rabotées sur une face, celle qui ne se verra pas.

Bois après rabotage une face

Je ne dresse pas les chants des planches, leurs irrégularités participeront au look « brut de décoffrage » de la table basse.

Concernant les alèses, elles sont rabotées et coupées à la même largeur.

Ensuite, planches, alèses et pieds sont poncés très légèrement, à l’aide d’une ponceuse vraiment peu efficace (envoyez moi un mail si vous voulez la référence ^^) et d’un abrasif plus qu’usé.

Ponceuse Bosch peu efficace

Ouuuups ! On me dit dans l’oreillette que la marque et la référence de cette ponceuse laissant à désirer sont visibles sur la photo. C’est pas fait exprès ^^

Le but ici est de conserver les défauts du bois tout en éliminant échardes et rugosités. Il ne fallait absolument pas que le bois soit mis à nu/à neuf.

Avec cette ponceuse magique, le ponçage est tellement peu agressif qu’il est nullement besoin de raccorder la ponceuse à l’aspirateur. Je critique, mais finalement, ce travail aurait été compliqué à réaliser avec une vraie ponceuse. Alors que là … trop facile.

Les bois étant prêts, c’est parti pour l’assemblage du premier plateau.


Assemblage du plateau haut

Ne pas oublier de retourner les bois avant d’attaquer le collage !

Dessous du plateau haut

Rien de transcendent ici, les planches sont collées et vissées à deux traverses préalablement pré-percées et fraisées afin de noyer les têtes de vis.

L’encollage se fait avec ce kit très pratique.

Encollage d'une traverse

Préparation des traverses

Après séchage, petite vérification du plateau. Recto …

Plateau haut avant découpe

… verso.

Traverses fixées sur plateau haut

Après avoir dressé un premier coté à la scie circulaire sur rail, je m’en sers de référence pour couper les autres. Le rail est positionné perpendiculairement à la coupe de référence grâce à une équerre fiable.

Préparation découpe dans la largeur

Les traverses sont écartées de telle façon que la mise à dimension du plateau les recoupe légèrement dans la longueur.

Cela apportera une surface d’appui doublée pour les futures alèses.

Plateau haut et traverse coupés

La recoupe du plateau n’est pas du luxe : il était bien trop trapézoïdal à mon goût.

Défaut de parallélisme

Une mesure des diagonales pour vérifier que le plateau est bien rectangulaire.

Vérification de l'équerrage

Les alèses seront posées ultérieurement afin de ne pas gêner la mise en place des pieds.


Préparation des pieds

Je ne souhaitais pas des pieds perpendiculaires au plateau : trop banal. Et avec leur forte section, cela aurait donné un aspect vraiment pataud à la table basse.

J’ai opté pour une coupe combinée : 10° d’onglet et 10° de biseau. Cela apporte un look indéniable à la table basse. Et cela complique indéniablement le reste des opérations …

 Les découpes se font (les doigts dans le nez) à la Kapex, j’extrais deux pieds par traverse.

Decoupe-pieds-1

Une butée me permet de couper les quatre pieds à la même dimension, gage que la table ne sera pas bancale.

Decoupe-pieds-2


Assemblage des pieds au plateau

Très rapidement, je me suis rendu compte que les traverses du plateau n’étaient pas assez larges pour accueillir les pieds. C’est ça d’avoir un peu négligé les plans!

Je prolonge donc la surface d’appui par de petites planchettes.

IMG_20151214_111920

Qui s’avèrent être un peu trop épaisses.

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Après un (gros) coup de ponçage au grain 60, elles sont de même niveau que les traverses.

IMG_20151214_113759

Usinage du plateau

Les pieds seront fixés au plateau par trois Dominos (en 10×50 mm), histoire d’assurer un maximum de solidité.

Festool-Dominos

Afin d’usiner les emplacements des dominos sur le plateau, je dois fabriquer un gabarit de positionnement. Deux gabarits symétriques en fait, un pour chaque diagonale du plateau.

Pour la fabrication des gabarits, j’utilise du contreplaqué de 3mm d’épaisseur. Vous comprendrez un peu plus tard pourquoi j’ai opté pour une si faible épaisseur.

Gabarit-Domino-1

Afin que les gabarits soient découpés symétriquement, je les solidarise par quelques morceaux de scotch.

Gabarit-Domino-2

Il n’y a plus qu’à coller le schéma de découpe avec de la colle repositionnable en spray.

Oui, il s’agit bien d’une colle Cléopâtre, et oui elle sent l’amande comme la colle en pot que certains ont sniffé connu dans leurs tendres années 😉

Gabarit-Domino-3

Je commence les découpes à la Kapex.

Gabarit-Domino-4

Et je les termine à la scie japonaise et au ciseau à bois.

Gabarit-Domino-5

Après avoir ôté le scotch.

Gabarit-Domino-6

A présent, j’ai besoin de quelques taquets de positionnement que je découpe à la scie à onglet.

Gabarit-Domino-7

Après encollage et mise sous presse…

Gabarit-Domino-8

… les gabarits sont terminés.

Gabarit-Domino-9

Je confectionne à présent le système qui me permettra d’espacer les Dominos entre eux. Il s’agit d’un bout de bois et d’un domino. Simple mais efficace !

Gabarit-Domino-10

Voyons voir comment tout cela fonctionne.

Gabarit-Domino-11

Le gabarit se positionne dans un angle, en appui contre le plateau grâce à ses butées.

Gabarit-Domino-12

Et la fraiseuse vient prendre appui dans l’intérieur du gabarit.

Gabarit-Domino-13

Sur cette photo, on comprend pourquoi j’ai opté pour un contreplaqué de faible épaisseur : afin que les quelques excroissances de la fraiseuse ne gênent pas son positionnement en butée. Le petit disque noir en l’occurrence.

Gabarit-Domino-14

Il n’y a plus qu’à brider le gabarit au plateau à l’aide de deux serre-joints.

Gabarit-Domino-16

En s’assurant que les butées sont toujours contre le plateau.

Gabarit-Domino-15

Après usinage de la première mortaise, la fraiseuse est décalée grâce à l’espaceur confectionné précédemment.

Gabarit-Domino-17

Gabarit-Domino-18

Et ainsi de suite jusqu’à ce que les trois mortaises soient creusées.

Gabarit-Domino-19

C’était moins une pour qu’une mortaise tombe entre la traverse et sa rallonge !

Il ne reste plus qu’à usiner de la même façon les trois autres angles du plateau et le tour est joué.

Bon, jusque là la position de travail était très confortable et sécurisante, pour la suite ce ne sera plus trop le cas !

Usinage des pieds

La coupe combinée des pieds ajoute un peu de complexité. A commencer par la difficulté de les positionner de façon sécurisée.

Sur ce point, la table Festool MFT3 et ses différents systèmes de bridage m’ont apporté une aide très précieuse.

Usinage-pieds-1

Autre difficulté, les pieds n’étant pas tous de même section (presque un centimètre d’écart), ni très rectilignes, cela m’oblige à me baser sur une surface de référence pour l’usinage des mortaises. Et de ne pas en changer en cours de route. Elles seront creusées en se basant sur la face extérieure la plus large du pied.

En haut du pied, je positionne une butée sur laquelle la fraiseuse viendra prendre appui. Reste à sécuriser l’axe de translation le long du pied.

Pour cela, j’utilise cet accessoire disponible pour les fraiseuses Domino. Il permet de fraiser du bois de bout de faible largeur. J’en ai détourné l’usage en m’en servant comme d’un guide de déplacement. Auparavant, j’ai du le démonter en partie car les pieds étaient un peu trop épais pour s’y insérer.

Usinage-pieds-2

A présent, la fraiseuse est correctement guidée.

Usinage-pieds-3

Après usinage de la première mortaise, l’espaceur reprend du service.

Usinage-pieds-5

Et permet de positionner la fraiseuse pour la seconde mortaise.

Usinage-pieds-7

Opération renouvelée pour la troisième mortaise.

Usinage-pieds-6

Et voilà !

Usinage-pieds-8

A noter que les deux dernières mortaises sont usinées plus large afin de faciliter l’assemblage. Car, vu la géométrie très approximative des pieds (dimensions inconstantes, faces pas tout à fait rectilignes), je ne pouvais pas prendre le risque d’un assemblage trop serré.

Quatre pieds plus tard, les mortaises sont à terminées.


Montage à blanc

Dans une réalisation, il y a des moments plus excitants que d’autres. Les montages à blanc, c’est à dire sans colle, en font partie.

C’est le premier instant de vérité, celui où l’on vérifie que l’on ne s’est pas trompé quelque part.

Les Dominos s’insèrent parfaitement bien dans les mortaises du plateau, jusque là tout va bien ^^

Usinage-pieds-9

Les pieds s’emboîtent à la perfection ! Joie intense !

Montage-a-blanc-1

C’est l’occasion de vérifier si ce que j’ai suspecté au moment de la conception sur ordinateur se vérifie.

Montage-a-blanc-2

Et effectivement, l’espace sous le plateau est visuellement trop vaste : un second plateau sera le bienvenu.


Assemblage du plateau bas

Je vais aller assez vite sur cette partie, car elle est strictement identique à la réalisation du premier plateau.

Après avoir présenté les planches dans la meilleure disposition possible,

Second-plateau-1

je trace l’emplacement des traverses de maintient.

Second-plateau-2

Ces dernières sont pré-percées/fraisées et il n’y a plus qu’à les coller/visser.

Second-plateau-3

Encollage des traverses.

Second-plateau-4

Vissage des traverses.

Second-plateau-5

Au passage, vous remarquerez que cette fois je tiens les traverses assez loin des bords. Comme ce plateau n’aura pas d’alèses, il ne faut pas que les extrémités des traverses soient apparentes.

J’utilise la même méthode que celle employée pour le premier plateau afin de le rendre rectangulaire.

Second-plateau-6


Entaillage des pieds

Pour l’assemblage du second plateau, j’ai choisi de l’emboîter dans les pieds. J’ai donc besoin d’entailler ces derniers. Ce n’est pas l’assemblage le plus facile à réaliser (d’autant plus que toutes les coupes sont composées), mais c’est celui qui sera le plus agréable à l’œil.

Contrairement à la découpe des pieds, je ne vais pas pouvoir entailler les quatre sans changer les réglages de la scie. Je vais pouvoir en entailler deux, puis devoir « inverser » les réglages afin d’entailler les deux autres. Afin de ne pas perdre le réglage de la position de l’entaille sur le pied, je débite une planche qui me servira à positionner la butée au moment où je devrai changer les réglages.

Entaille-des-pieds-1

Et je repère la planche d’une petite marque qui me permettra de la placer correctement en temps utiles.

Entaille-des-pieds-2

Que je vous explique comment j’ai procédé.

Voici la vue globale du montage …

Entaille-des-pieds-3

… que je détaille dans les photos suivantes.

Tout à droite, nous trouvons la butée qui marque la fin de l’entaille.

Entre la butée et le pied, j’insère une petite planchette dont l’épaisseur est égale à l’épaisseur du plateau minorée de l’épaisseur de la lame. Le scotch m’a servi à approcher très finement la valeur souhaitée, le but est que le plateau s’insère sans jeu.

Ainsi : avec la planchette, j’obtiens le point haut de l’entaille. Sans la planchette, j’obtiens le point bas de l’entaille. Des traits de scie intermédiaires finiront de la creuser.

Entaille-des-pieds-4

Afin de ne pas gribouiller sur les pieds (qui ne seront pas poncés), je repère le début et la fin de l’entaille sur des morceaux de scotch de masquage.

Entaille-des-pieds-5

Il n’y a plus qu’à faire quelques traits de scie. Afin de creuser au maximum l’entaille.

Entaille-des-pieds-6

Je procède de la même façon pour le second pied.

Ensuite il faut modifier les réglages de la scie et passer à gauche du trait de coupe. Je me sers de la planche découpée précédemment pour placer la butée à la bonne distance des dents de la lame. J’aurais pu me contenter d’utiliser un mètre pour ce réglage … mais cette méthode est plus précise.

Entaille-des-pieds-7

Sur le même principe que précédemment, tout est prêt pour entailler les deux pieds restants.

Entaille-des-pieds-8

Les quatre pieds sont à présent entaillés.

Entaille-des-pieds-9

Mais il va falloir retoucher ça au ciseau à bois.

Entaille-des-pieds-10

Et c’est en galérant pas mal pour finir le creusage que j’ai réalisé que ces pieds sont en hêtre ! Pas mal pour du vulgaire bois de palettes, non ?

Entaille-des-pieds-11

Avant/Après équarrissage au ciseau.

Entaille-des-pieds-12

Les pieds sont à présent terminés.

Entaille-des-pieds-13

Ouffff, toutes les entailles sont dans le bon sens.

Montage-a-blanc-3


Ajustage du plateau

Les angles du plateau doivent être coupés en quinconce afin de s’insérer parfaitement dans les pieds.

Je réalise cette opération petit à petit. J’entaille un morceau, je vérifie l’ajustement, j’entaille un autre morceau, je vérifie, etc.

Ajustage-plateau-1

Dans cette entreprise, j’ai été sauvé par ma scie à chantourner, qui a l’immense avantage de s’incliner à gauche …

Ajustage-plateau-2

… et à droite. Me permettant ainsi de ne pas devoir retourner le plateau (et recalculer mes découpes) pour alterner l’angle de coupe.

Ajustage-plateau-3

A ma connaissance, l’Excalibur est la seule à proposer cette fonctionnalité.

Néanmoins, cette étape est également réalisable à la scie à ruban … si sa table est inclinable à gauche et à droite. Vous pouvez aussi vous y essayer à la main 😉

 

Les encoches sont nettoyées à la scie japonaise et au ciseau à bois.

Ajustage-plateau-4

Voici le détail d’un angle : aucune coupe n’est perpendiculaire au plateau !

Ajustage-plateau-5

L’emboîtage n’est pas parfait mais reste très satisfaisant.

Ajustage-plateau-6

Après avoir entaillé deux angles, je passe au troisième.

Ajustage-plateau-7

Et enfin au quatrième.

Ajustage-plateau-8

L’emboîtage étant un peu trop serré, je ponce légèrement les angles à l’aide de mon premier achat Festool, la Deltex DX 93.

Ajustage-plateau-9

Ponceuse très pratique pour ce genre de travail dans les coins.

Ajustage-plateau-10

A présent, je recoupe les quatre cotés du plateau afin qu’il ne soit pas trop à fleur des pieds. Pure raison esthétique.


Le second plateau est terminé. En fait, tous les éléments constituant la table basse sont terminés.

C’est le moment de repasser un dernier coup de ponceuse magique sur l’ensemble afin d’enlever les dernières aspérités.

Ajustage-plateau-11

Je vous fais grâce de la photo du montage à blanc qui a suivi, il est temps d’assembler la table basse !


Assemblage de la table basse

Qui dit assemblage, dit collage (généralement). Qui dit collage, dit petite suée. C’est le moment où j’ai toujours peur de tout foirer (et où les photos se font rares).

C’est pour cela qu’à mon sens, les montages à blanc sont o-bli-ga-toi-res. Si un problème survient à blanc, c’est le désastre assuré lors de l’encollage. Si aucun problème ne survient à blanc, ce n’est quand même pas garanti que le collage se passe bien 🙂

 

Je commence par encoller pieds et plateau bas.

Table-basse-collage-1

Dans la foulée, le plateau haut est encollé et mis en place. Après avoir vérifié que la table n’est pas bancale, je sécurise le plateau bas aux pieds, par le dessous, avec quelques vis dont j’ai fraisé l’emplacement.

Table-basse-collage-2

Cela évite que les pieds ne s’écartent lorsque j’ajoute du poids sur la table afin de bien presser les éléments encollés.

Dès lors, et après séchage, il ne reste plus qu’à s’occuper des alèses.


Les alèses

Contrairement à ce que j’écrivais dans cet article, les alèses sont coupées à la scie à onglet. Pour deux raisons : elles sont peu épaisses, et je ne recherche pas des ajustements exemplaires.

Les emplacements des dominos sont tracés sur du scotch de masquage afin de ne pas salir le bois.

Table-basse-alese-1

Pour le moment, je me sers des presses à chants uniquement pour maintenir l’alèse en place et me permettre de couper les autres.

J’usine les mortaises sur les quatre chants du plateau.

Table-basse-alese-2

Comme je n’ai pas de serre-joints assez long pour presser les alèses dans le sens de la longueur du plateau, je me sers des presses à chants.

Leur mise en place prend un peu de temps, alors dans la foulée je vérifie qu’elles sont bien positionnées et qu’elles ne me gêneront pas lors du collage. Une sorte d’assemblage à blanc là aussi.

Table-basse-alese-3

Pour presser dans la largeur, je dispose de serre-joints adéquats : c’est quand même beaucoup plus rapide à mettre en place.

Table-basse-alese-4

La fabrication est terminée.

Table basse en bois de palettes

Un dernier coup de ponceuse magique. Toujours sans aspirateur ^^

Table basse en bois de palettes

Un époussetage consciencieux à la soufflette.

Table-basse-avant-finition-3

Et la table est à présent prête à recevoir sa finition.


La finition

Cette table basse aura vocation à accueillir des apéros, à être bousculée. Il lui faut donc une finition résistante à ces agressions (éclaboussures, chocs).

Il faut également que la finition soit la plus discrète possible, je ne souhaite pas qu’elle « réchauffe » le bois en modifiant son contraste, ni qu’elle le teinte, ni qu’elle soit brillante.

J’opte pour une finition de type vernis mat incolore, en trois couches. Il s’agit d’un vitrificateur pour être exact.

fondur-vitrificateur-V33

Voilà comment j’ai procédé :

  • 1 ère couche : fondur (phase aqueuse) et séchage
  • Egrainage pour casser les fibres qui se sont relevées
  • 2 ème couche : vitrificateur mat (phase aqueuse) et séchage
  • Egrainage pour casser les dernières fibres récalcitrantes
  • 3 ème couche : vitrificateur mat (phase aqueuse)

Le fondur coûte moins cher que le vitrificateur et sature convenablement les pores du bois. Ainsi, les couches suivantes sont bien moins consommatrices en produit.

Le rendu est bien sympathique. Le bois semble plus « satiné » que « mat », mais la brillance reste quand même très modérée. L’aspect du bois n’a pas été modifié par la finition, que demander de plus.

Je vous laisse découvrir le résultat final.


Photos

Zoom sur quelques détails

Le plateau n’étant pas parfaitement plan, quelques défauts d’alignements sont visibles, ils participent à l’aspect brut de cette table basse en bois de palettes.

Table basse en bois de palettes

Table basse en bois de palettes

Table basse en bois de palettes

Table basse en bois de palettes

L’assemblage du plateau bas est au poil, on ne voit aucune trace de son emboîtage dans les pieds.

Table basse en bois de palettes

Table basse en bois de palettes


Mise en situation

Table basse en bois de palettes

Il était temps que la table basse quitte l’atelier pour rejoindre un salon plus chaleureux.

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Table-basse-palette-7

Table-basse-palette-4


Merci aux courageux/courageuses d’avoir lu cet article jusqu’au bout : plus de 3300 mots quand même 😉

A bientôt.

Oliv’

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