Vous devez installer un bloc-porte aux dimensions non standards, et ce avec un budget contenu ? Cet article devrait vous intéresser.


Un bloc-porte est constitué d’une porte et de son bâti

Les bloc-portes disponibles dans le commerce ont des dimensions standardisées, mais dans le cadre d’une rénovation, l’ouverture disponible n’a pas souvent la bonne taille.

Et là, deux cas de figure se présentent :

  • Réduire l’ouverture afin d’y positionner un bloc-porte standard
  • Faire réaliser un bloc-porte sur mesure.

La première solution à l’avantage du coût mais l’inconvénient de ne pas utiliser l’ouverture au maximum … et de faire un peu rafistolage.

La seconde solution utilise l’espace au mieux, mais coûtera substantiellement plus cher.

 

La troisième solution que je vous propose ici est d’avoir du sur-mesure … pour une somme modique ! En contrepartie d’un peu d’huile de coude.

L’huile de coude, la seule huile qui ne tâche pas le bois !

Il s’agit en réalité d’adapter la porte et son bâti aux dimensions de l’ouverture disponible. Soit, de réaliser un bloc-porte sur mesure.

Ouverture

Une bien belle ouverture où encastrer un bloc-porte, n’est-ce pas ?


En premier lieu, il s’agit de mesurer l’ouverture dans laquelle le bloc-porte doit s’insérer. Un fil à plomb permet de s’assurer que les parois verticales de l’ouverture … le sont bien. Si l’ouverture n’est pas totalement rectangle, ce qui est souvent le cas, il faut se baser sur la plus petite largeur. Les espaces vides (où la largeur est plus grande) seront comblés lors de la pose par de la mousse expansive.

 

Pour mener à bien ce projet, les pré-requis sont les suivants :

  • Choisir une porte creuse alvéolée …

Le choix d’une porte creuse alvéolée est structurant. La méthode que je vous propose ici n’est pas adaptée aux portes pleines ou semi pleines.

  • … et sans moulures (porte isoplane)

La porte va être retaillée dans sa largeur, je vous laisse imaginer l’aspect visuel si la porte était moulurée. Au final c’est parfait, car les portes alvéolées isoplanes sont les moins chères … et nous sommes précisément dans un objectif de petit budget.

A titre indicatif, voici ce que l’on trouve couramment comme bloc-porte alvéolaire premier prix.

Les bloc-portes isoplane premier prix
Dimensions du bloc-porte (Hxl) Largeur de la porte seule Tarif (indicatif)
204×69 cms 63 cms ~30€
204×79 cms 73 cms ~22€
204×89 cms 83 cms ~32€
204×99 cms 93 cms ~60€
bloc-porte-isoplane520
  • Choisir un bloc-porte nettement plus large que l’ouverture disponible : au moins 6 cms de plus.

Pourquoi 6 cms de  plus ? Parce que le cadre constituant l’ossature interne de la porte (ici je ne parle pas du bâti) fait 3 cms d’épaisseur, mais peut atteindre plus de 5cms aux zones où il fait l’objet de renforts. Nous allons éviter de retailler la porte pile dans ses renforts.

Ainsi, si vous avez une ouverture de 65 cms, il faudra choisir un bloc-porte de 79 cms et non 69 cms. Et si vous avez une ouverture de 55 cms, vous pouvez également prendre un bâti de 79 cms … pour la simple raison qu’il est généralement moins cher qu’un bâti de 69cms. Rapport aux volumes de vente j’imagine.

 

A présent que les mesures sont connues et le bloc-porte sélectionné, nous pouvons entrer dans le vif du sujet.


Il y a deux étapes afin d’adapter le bloc-porte : retailler la porte, puis l’huisserie.

Avant toute chose, il pourra s’avérer utile pour la suite de connaître la mesure du jour entre le bâti et la porte. Il est censé être identique pour tous les côtés, mais avec ces bloc-portes bas de gamme, sait-on jamais. A noter dans un coin, on s’en servira lors de l’ajustage du bâti.

Retailler la porte

Cela va se faire du côté des gonds, car le cadre coté serrure est plus complexe. Ici, nous avons besoin d’un mètre et d’un crayon.

Préparation du tracage

On commence par tracer la partie de la porte à retirer.

Tracage

Puis on positionne le rail de guidage de la scie plongeante. Si votre rail n’est pas assez long, soit il faut comme ici lui ajouter une rallonge, soit utiliser un autre moyen de guidage pour la scie. Un tasseau bien rectiligne par exemple. Afin d’éviter les éclats, on peut utiliser une planche martyr à positionner sous la porte.

Positionnement du rail

Une fois le rail bridé sur la porte, il ne reste plus qu’à scier.

Apres decoupe

A présent, nous allons récupérer le tasseau d’ossature présent dans la chute.

Pour commencer, nous allons supprimer les bouts de traverse présent à chaque extrémité.

Detail tasseau traverse

A la scie à onglet par exemple. Ils ne serviront plus, on peut couper dedans sans crainte.

Separation tasseau traverse

Ensuite, à la scie sauteuse, ôter un maximum du placage … sans entamer le tasseau de renfort en milieu de montant. Ce qui a été pour moi l’occasion de commettre une première boulette en l’entaillant gaiement …

Decoupe grossiere a la scie sauteuse

… comme on peut le constater ici : le tasseau est doublé par un autre tasseau ! Voilà pourquoi je vous conseillais de prendre un bloc-porte plus grand d’au moins 6 cms.

Renfort du tasseau

A présent, il faut enlever ce qu’il subsiste des placages. Pour cela … c’est un peu du chacun pour soi en fonction du matériel disponible.

J’ai utilisé ma défonceuse sous table afin d’enlever un maximum de placage, et finition à la ponceuse. Cela pourrait également être réalisé au rabot électrique, car c’est finalement ce principe que j’ai utilisé avec la défonceuse.

Voici donc une fraise droite (le roulement n’a pas d’utilité dans ce cas de figure).

Preparation de la fraise droite

J’ajoute de part et d’autre du guide un bout du placage précédemment découpé à la scie sauteuse, il va me servir à calibrer l’épaisseur de matière que la fraise va enlever.

Preparation du guide

Tout compte fait, le roulement de la fraise m’aura servi à l’aligner avec le guide.

Alignement guide fraise

Après bridage du guide, il n’y a plus qu’à retirer le bout de placage du côté où le tasseau va arriver sur la fraise. Du côté droit donc.

Table de defonceuse prete

Voilà, théoriquement le tasseau va être fraisé de l’épaisseur du placage. Et se poser comme une fleur sur le côté gauche du guide après usinage.

Detail de l'entree du tasseau

Au jardin comme à l’atelier, les fraises rougissent les doigts. Je sais pas vous mais … je préfère au jardin !

Ainsi, sécurité oblige, j’utilise le Micro Jig GR-200 testé ici par Matthieu afin de pousser le bois vers la fraise.

Micro Jig GRR-Ripper GR-200 en action

Donc, comme je vous le disais, théoriquement, le placage ne devait pas résister à cette épreuve. Sauf qu’entre les (nombreux) défauts de ma table de défonceuse et mon inexpérience à l’utiliser, le placage est complètement parti … sur les 5 premiers centimètres. Mais il était toujours là, dans une épaisseur moindre, sur le reste du tasseau. Bref, une (grosse) retouche à la ponceuse permet de solutionner ce petit contretemps.

Nous voilà avec un tasseau à nu. Par respect pour les enfants qui pourraient lire cet article, aucun tasseau à nu ne sera exhibé ici 😉


Arrivé à ce stade, nous allons nous préoccuper de la hauteur de la porte : il y a une forte probabilité pour que cette dernière doive être raccourcie.

C’est le bon moment pour le faire, à fortiori s’il y a plus que la hauteur du tasseau de bas de porte à retirer. Soit plus de 3 cms.

On va procéder comme précédemment : traçage du morceau à retirer, découpe à la scie circulaire, retrait du morceau de traverse en bout de tasseau, suppression du placage.


Hop, on laisse le bas de porte pour revenir à notre premier tasseau. Je me doute que ce curieux enchaînement peut vous faire perdre le fil, je m’en excuse ! Mais il simplifie les étapes suivantes.

On va pouvoir remettre le tasseau en place. Avant cela, il faut repousser un peu les alvéoles afin de dégager de la place pour le tasseau (et son renfort central). Il ne faut pas trop les repousser non plus, car elles participent à la rigidité structurelle de la porte. D’autant plus si on arrive à les coller au tasseau que l’on s’apprête à remettre.

Detail bas de porte

La râpe à bois fait un formidable repoussoir à alvéoles, et dans la foulée, elle permet de bien nettoyer les surfaces où le tasseau va prendre place.

Repousser les alveoles

Le tasseau est prêt, son emplacement aussi.

Tasseau avant collage

Passons à présent au collage.

Ne pas lésiner sur la colle, toutes les faces du tasseau sont à encoller … sauf celle où les gonds prennent place bien sûr. Ainsi il sera fixé aux alvéoles, aux traverses et aux placages.

Tasseau encolle

Une fois le tasseau inséré et à fleur avec les feuilles de placage, on met tout ça sous presse à l’aide de planches martyr afin de ne pas marquer le parement. Le tasseau doit également être bien poussé contre la traverse du haut.

Tasseau sous presse

La porte ayant été coupé dans sa hauteur, notre tasseau fraîchement collé est à présent trop long.

A l’aide d’une scie japonaise, on l’affleure avec le bas de porte en se guidant sur le placage.

Affleurage du tasseau

Il ne reste plus qu’à remettre en place le tasseau de bas de porte, après avoir repoussé les alvéoles et nettoyé les surfaces ainsi dégagées. Le tasseau doit rentrer au poil, l’ajuster à la scie à onglet si besoin.

Positionnement de la traverse

Après encollage, mise sous presse avec utilisation de martyrs.

Traverse sous presse

Afin de renforcer la structure de la porte, on peut sécuriser les jonctions à l’aide d’une longue vis dont on aura pré-percé et fraisé l’emplacement.

Renfort liaison tasseau traverse

A présent, le placage doit être ajusté afin de pouvoir remettre les gonds en place.

Detail paumelle

Rien de bien compliqué ici, juste une petite entaille à faire. J’ai procédé au cutter et à la râpe à bois.

Detail paumelle avec encoche

Voilà, les gonds peuvent être remis en place.

Detail gond

La porte est terminée, occupons-nous à présent du bâti.


Retailler l’huisserie

Le bâti doit être coupé dans sa largeur afin de lui retirer ce qui a été retiré à la porte.

Il faut être vigilant dans cette étape et ne pas trop retirer de matière. Mieux vaut y revenir que trop en enlever dans un euphorique accès de bricole-picole.

Les deux coupes doivent être bien perpendiculaires, sinon nous allons avoir des soucis pour « joindre les deux bouts ». Voilà pourquoi j’ai fait ça à la scie à onglet.

Decoupe du bati

Profitons que le bâti soit en deux parties pour retailler chacune dans sa hauteur.

Bati avant decoupe

Une fois le bâti raccourci en largeur et en hauteur, il faut à présent solidariser ses deux éléments. J’ai choisi un assemblage par lamelle … parce que c’est le seul dont je disposais lors de ce bricolage ^^

Ben tiens, en parlant de bricole-picole, voici ma deuxième boulette. L’entaille de la lamelle est légèrement traversante …

Bati avant lamelle

Voici l’assemblage lamellé-collé sous presse. Après séchage et avec un peu de pâte à bois, j’ai réparé ma seconde boulette.

Bati lamelle-colle

C’est pas que de fortes contraintes s’exercent sur la traverse haute du bâti, mais afin de prévenir tout accident lors de la mise en place du bloc-porte, j’ai préféré renforcer la jonction à l’aide d’une plaque métallique.

Plaque de renfort

Elle prend place sur le dessus, dans l’épaisseur de la traverse et sera donc totalement invisible une fois le bloc-porte installé.

Bati avec plaque de renfort


Le bloc-porte est à présent terminé, il ne reste plus qu’à le mettre en place. Je ne documente pas cette partie, il y a pléthore d’informations disponibles sur la toile.

Après fixation dans son ouverture, comblement des interstices à la mousse expansive, pose des baguettes et peinture, voici le résultat final.

bloc-porte installé

Le plus onéreux dans cette réalisation aura été la mousse expansive et la peinture !

N’hésitez pas à laisser un commentaire si cet article vous a plu et/ou si vous l’avez mis en pratique 🙂


@ bientôt pour de prochains articles.

Oliv’

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