Afin de pousser plus en avant mes délires savonnesques, après le moule, j’en suis tout naturellement arrivé à avoir besoin d’un porte-savon en bois. C’est la réalisation que je vous propose de suivre dans cet article.

Pour rendre à César ce qui appartient à César, l’idée originale de ce porte-savon en bois est à porter au crédit de la revue Bois+ n°22. Si vous ne connaissiez pas cette revue (est-ce possible?), elle appartient au groupe Martin Média, tout comme l’autre revue de référence « Le bouvet ». Leur vitrine internet commune se trouve ici : www.blb-bois.com

Je vous invite à vous procurer ce fameux Bois+ n°22 afin d’avoir tous les détails concernant la réalisation. Dans cet article, je limite volontairement les détails techniques afin de ne spoiler personne, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.


J’ai eu envie de le réaliser dès que je l’ai vu ce porte-savon en bois ! Très original dans ses courbes, vous ne le croiserez pas dans n’importe quelle salle de bain 😉

N’ayant pas à ce moment là le matériel requis, sa réalisation n’aura pas été immédiate.

Puisque j’en suis à évoquer le matériel nécessaire, vous aurez besoin de :

  • une scie à onglet permettant des coupes combinées (onglet et biseau)
  • une perceuse colonne
  • une scie à métaux
  • une feuille de papier de verre
  • un savon (oui oui! Et pas que pour le poser dessus!)
  • tournevis, équerre, règle, …, le petit outillage de base en somme

Quelques chutes de chêne dont je n’avais pas l’utilité furent le point de départ de ce projet.

Si vous avez des baguettes de bois aux sections adéquates (comme Sheila), vous allez pouvoir passer les étapes suivantes bande de petits veinards ! Vous n’avez qu’à couper 49 morceaux de bois à la même longueur.

Chutes de chêne

Le chêne n’est pas l’essence de bois idéale pour un contact avec l’eau et le savon. Il est plus judicieux de lui préférer du robinier ou du châtaigner, voire du teck ou du bambou … mais je n’en avais pas sous la main.

La première étape a été de débiter les chutes en morceaux de même hauteur. Ce porte savon étant constitué d’une foultitude (49 exactement) de pièces similaires, un maximum d’industrialisation dans la réalisation fait gagner en temps et en précision.

Je débite donc mes chutes en petits parallélépipèdes à la scie à onglet.

Découpe à la Festool Kapex 120

Le bout de bois pointu à droite fait office de butée : on mesure le premier morceau de bois à découper, on le positionne sous le trait de scie, on vient poser la butée à son contact, on bloque la butée, on coupe le morceau de bois, on décale la chute afin de la mettre de nouveau en contact avec la butée, on coupe, et ainsi de suite, il n’aura fallu mesurer qu’une seule fois et vous pouvez reprendre votre respiration, le point libérateur annonçant la fin de phrase arrive, il est là, juste là, voilà -> . <-

Respiration reprise et quelques coupes plus tard, me voilà avec une dizaine de planchettes…

« Une dizaine », ça fait le gars qui bricole au pif, tranquille, nonchalant, les mains dans les poches … nan mais en réalité, il y en a EXACTEMENT dix ! Et là, ça fait le gars, totalement névrosé qui bricole le bois comme si c’était une fusée à envoyer dans l’espace 🙂

Chutes de chêne coupées

Ces planchettes, il faut à présent les recouper dans la largeur et l’épaisseur.

Pour se faire, je me suis fabriqué un petit gabarit qui va automatiser l’étape suivante. Rappelez-vous, j’ai 49 petits bouts de bois à débiter, hors de question que j’en mesure plus d’un. Névrosé ET fainéant 🙂

Gabarit de découpe

On voit peut-être pas bien à quoi il va servir ce gabarit, hein.

Gabarit de découpe

Découpe des pièces

C’est mieux ainsi ?

Je débite mes planchettes en tranchettes …

Découpe des pièces

… que je recoupe elles-mêmes. Et j’obtiens des petits bouts de bois de section carrée.

Découpe des pièces

Avant et après découpes : planchette, tranchette et … allumette !

Découpe des pièces

Et me voilà à la tête d’un régiment de petits bouts de bois de bout. Curieuse cette phrase ?!

Pièces calibrées

Les petits veinards (qui a dit « fainéants »?) qui commencent à partir de baguettes toutes prêtes peuvent reprendre la lecture ici.


Les bouts de bois sont tous de mêmes dimensions, à présent il faut les biseauter afin de donner du relief au porte savon. Sinon on dirait un billot de boucher ^^

Cela va se faire en combinant coupe en biseau et coupe à onglet sur la scie du même nom.

Mais avant de couper, il faut un nouveau gabarit … 49 morceaux je vous dis !

Ce gabarit est plus sécuritaire qu’autre chose. Couper des mini-morceaux à la scie à onglet électrique n’est pas sans risque pour les doigts.

Gabarit de découpe

Le but est d’immobiliser le petit morceau de bois. Le bout de papier sert à laisser un jeu suffisant afin de pouvoir mettre/enlever un bout de bois sans forcer. Et le serre-joint sert uniquement à maintenir le tasseau fermement afin de pouvoir le visser sans qu’il bouge.

Attention à l’emplacement des vis. Ces dernières pourraient vous gêner lors des découpes. C’est pour cela que je les ai groupé sur la gauche, les découpes auront lieu à droite. Les plus perspicaces d’entre-vous auront deviné que je suis droitier … malgré mes deux mains gauche.

On commence par les morceaux les plus hauts, ceux des angles, qui ont la particularité de n’être coupés que sur la moitié de leur sommet. Petite coquetterie du designer ? Oui et non. Visuellement, c’est beaucoup mieux que s’ils étaient entièrement biseautés. Oui oui, vous pouvez me croire, j’ai fait l’essai 😉

Et puis parfois le matin, on n’est pas bien réveillé, alors on vise mal quand on envoie la main … le porte savon sera moins agressif pour les doigts sans angles pointus.

Découpe en biseau et onglet

Découpe en biseau et onglet

Les autres morceaux se biseauteront entièrement … sauf ceux constituant la croix centrale qui n’ont qu’une pente. Et la pièce centrale qui sera plate.

Quand chaque groupe de morceaux à longueur équivalente est terminé, on décale la coupe de la valeur adéquate (comme euh … zut, blague déjà faite) et on passe au groupe suivant. En images, ça donne ça :

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C’est à ce stade que les morceaux restant n’ont qu’une coupe en biseau, sans onglet.

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Tadaaaa ! Voilà c’est terminé ! Vous pouvez déplacer votre porte savon morceau par morceau jusqu’à votre salle de bain, c’est pratique et fonctionnel. Pensez à poser/prendre délicatement le savon sous peine de tout faire tomber.

 

Voilà voilà …

 

J’espère que cet article vous aura plu …

 

Allez, à la prochaine …

 

Et bonne journée …

 

 

Bon d’accord, je ne me débarrasserai pas si facilement de cet article, on continue 🙂


A présent il s’agit de relier tous ces petits bouts de bois entre eux.

Dans le magasine, ils utilisent des tiges en laiton. Ayant une sainte horreur de tout ce qui est jaune et qui brille, je suis parti sur des tiges en aluminium. L’idéal serait des tiges en inox, mais c’est un budget plus conséquent.

Les tiges se coupent à la scie métallique. Il en faut neuf.

Ayant la chance de posséder une somptueuse scie à onglet pour la découpe du métal, je n’ai pas résisté à la tentation de la glisser incognito dans cet article. Je ne parle pas de la Kapex, mais de ce truc là, juste en dessous.

Ca coupe droit quand ça l’a décidé, mais pour le besoin du jour, c’est largement suffisant. La butée en bois me sert à calibrer les tiges à la même longueur.

Découpe des tiges

Revenons à notre régiment de morceaux de bois. Ils vont être percés afin de permettre le passage des tiges. Attention, les trous ne doivent pas être traversants sur les morceaux en périphérie, on va pas tout gâcher au dernier moment hein ?!

Allez hop, un petit gabarit de positionnement, à placer sous la perceuse colonne afin de garantir des trous bien droits. Sinon c’est tout le porte savon qui aura l’air bancal : perçage à la main proscrit !

Gabarit de percage

Les morceaux de bois sont percés de façon à constituer sept lignes. Et ces sept lignes seront reliées entre elles par leurs extrémités. Il faut donc penser à décaler les trous pour les morceaux qui en ont deux.

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Arrive maintenant, mesdames et messieurs, la partie fastidieuse du travail. J’ai nommé : les finitions !

Non pas un, non pas deux, non pas dix ni vingt. Mais qua-ran-teuh-neufs petits, tout petits morceaux de bois à terminer, un par un, à la mimine !

On commence par poncer les six faces de chaque morceau. On en profite pour casser franchement les arrêtes, ça donnera un porte savon plus « chaleureux ».

J’ai trouvé plus facile de fixer le papier de verre sur un bout de miroir (donc bien plan), ça facilite les manipulations.

Poncage des pièces


Une fois tout ce petit monde bien poncé, il faut passer à la finition : huile ou « fondur » et vernis/vitrificateur, je n’en vois pas d’autres, compte-tenu de l’usage prévu. Si vous pensez à autre chose, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire, je suis loin de tout connaitre.

 

J’ai pris l’option longue, à savoir fondur et vitrificateur spécial pièces humides. Trois couches en tout. 3 x 49 = 147 morceaux à peindre … oui, je vous entends le penser tout fort : névrosé, fainéant ET masochiste !

Le fondur est moins cher que le vitrificateur, d’où son utilisation ici. Mais il n’est pas obligatoire, le vitrificateur pouvant également faire office de bouche pores.

Et c’est parti, pièce par pièce, laborieusement. Il faut éviter les coulures qui feraient négligé au séchage. Les trous que l’on vient de percer se remplissent, alors il faut souffler dedans pour les dégager. Mais du coup, ils provoquent une coulure sur l’autre face … mais que c’est long, mais que c’est looong ! Et puis on s’en met plein les doigts, et ça colle, et les morceaux de bois collent au support, alors il faut les remuer régulièrement durant le séchage.

J’ai néanmoins trouvé que de les poser sur un bout de mélaminé était la moins pire des solutions : ça se collera toujours moins que sur un morceau de bois brut ou de médium. Peut-être que sur un bout de cellophane ça aurait été encore mieux ?

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J’ai procédé ainsi : une couche de fondur, égrainage au papier de verre, une couche de vitrificateur, une seconde couche de vitrificateur, dépression, asile psychiatrique, thérapie médicamenteuse, lente convalescence, lancement de ce blog, écriture de cet article 🙂

Les trous étant un peu colmatés par la peinture, j’ai préféré remettre un petit coup de perceuse à colonne afin de les dégager. On voit sur la photo que ce n’était pas du luxe !

Alesage

A ce stade, le plus dur est fait.

Reste à jouer au meccano !

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Il faut enficher les morceaux de bois sur les tiges. Ca rentre forcé, un peu de savon ou une eau savonneuse seront d’une aide précieuse pour faciliter la glisse. Un petit point de colle pour fixer l’extrémité des tiges.

Mise en place des tiges

Afin de conserver un écart identique entre les morceaux de bois, servez-vous d’une cale de l’épaisseur souhaitée.

Mise en place des tiges

Lorsque les sept lignes sont constituées, il ne reste plus qu’à les assembler entre elles.

Porte savon en chêne

Le porte-savon en bois est à présent vraiment terminé, pensez néanmoins à bien le laisser sécher. Je l’ai oublié deux semaines avant de l’utiliser, comme ça j’étais sur que le vitrificateur soit bien sec à cœur.

Porte savon en chêne

Non, ce n’est pas un bloc de beurre, mais bien un savon « homme made » qui est posé dessus 😉

 

Alors, qui se lance ?

En espérant que cet article vous ait plu 😉

Oliv’

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